French English German Italian Portuguese Russian Spanish

CARNET DE ROUTE

REFLEXION SUR LA SEPARATION DU GROUPE

Le budget était très serré avant le départ et les aléas du voyage comme les problèmes mécanique et la maladie des chiens ont amputé sur celui-ci. Cela a aussi engendré du retard sur notre parcours. Nous n'avons pas pu rattraper ce retard accumulé, et donc concorder avec nos dates de visas tout en continuant d'être dans la rencontre avec l'autre. . Il aurait fallu rouler sans s'arrêter pendant presque un mois pour atteindre la Mongolie par les grands axes, en négligeant les villages isolés.

Le projet étant d’aller en direction de la Mongolie pour proposer le cinéma et d’autres ateliers pour des enfants qui n’ont pas accès à la culture de par l’isolation ou des difficultés économiques, l’idée était de mettre en pratique ce projet tout au long de la route. Nous nous sommes alors questionné quant à ce problème de temps et d’argent. Pourquoi ne pas rester plus longtemps en Turquie ? S'approcher de la frontière Syrienne?

C’est alors qu’à émergé le fait que nous n’avions pas tous imaginé le même projet. La prise de décision quant aux choix de la route à prendre est devenue difficile. Certains voulaient prendre des petites routes et non les grands axes pour accéder à des villages isolés. Pour d’autres pour qui la finalité du projet était la Mongolie ne comprenait pas ces choix.

Par métaphore, dans un couple qui attend un bébé, chacun l'imagine, projette des choses en ce futur être à venir et quand il arrive il n'est jamais à l'image de ce que nous pensions. Les deux personnes composantes du couple doivent alors faire le deuil de cet enfant imaginé et faire la place à un enfant réel. Ils doivent aller ensemble à la rencontre de cet enfant. Les deux partis doivent mettre de coté l'attente qu'ils avaient, et avec la confiance qu'ils se portent, découvrir cet enfant réel. Ils traversent cette étape ensemble et ce, grâce à la solidité des liens de leur couple.
Par comparaison, nous nous sommes chacun projeté dans ce projet d'une manière différente, et comme la communication était compliquée entre nous, nous n'avons pas réussi à construire ensemble, à avoir une cohésion de groupe et faire consensus dans les prises de décisions.

Nous aurions pu aller jusqu'au bout de l'aventure, mais cela aurait empiété sur la qualité de notre travail, notre choix a donc finalement été de rentrer afin de continuer l'aventure en France et développer nos futurs projets à l'étranger. Nous nous sommes d'ailleurs représentés à Nevers, dès notre retour en France.
3 personnes du groupe (les membres de Bambini Nel Deserto) dans un camion ont tout de même décidé de continuer l'aventure jusqu'au bout. Ils sont aujourd'hui sur la route du retour, mais ont répondu à leurs attentes du projet en créant des évènements pour les enfants de Mongolie.

 Imprimer  E-mail

La Russie

On s'engage dans cet immense pays encore par l'unique poste frontière ouvert et nous y perdons encore 1 journée, où on nous envoie de poste douanier en poste douanier, car nous n'avons pas ce fameux document délivré par le ministère des transports. Personne ne veut faire d'effort pour nous comprendre et nos cartes grises leur sont indéchiffrables. Les russes sont ici prioritaires sur tous les autres. Heureusement, nous rencontrons un américain parlant couramment russe et connaissant parfaitement les démarches, qui nous aide à nous en sortir.

En Russie, on commence la course contre la montre. Ayant accumulé du retard, nous devons parcourir plus de 5000 km en moins de 30 jours afin d'atteindre la Mongolie. Nous espérons que les routes sont de bonne qualité mais contrairement à nos attentes, ce sont les pires routes que ayons vu depuis le départ. Et pour dire, on en a vu des routes!! ;) Nous faisons 350km par jour, les meilleurs jours. De plus, les contrôles incessants et parfois très limites (une occasion pour eux de sous-tirer de l'argent à des étrangers ou bien de prouver leur supériorité en pointant leur arme "pour rigoler") nous ralentissent et nous rendent nerveux.

Malgré cela, nous rencontrons des paires de gens tout à fait admirables. De professeurs de français à Vladikavkaz, ravies de rencontrer des français et de pratiquer cette langue, en passant par des travailleurs de pompe à essence à Beslan encore traumatisés par la tuerie de l'école de 2004... Derrière une apparente froideur, les russes ont eux aussi un coeur immense.

Malgré notre retard, nous intentons quelques projections aux alentours de villages, mais n'ont pas de grand succès......On commence à fatiguer, la qualité des routes, les contrôles policiers, l'immensité du territoire et nos positions divergentes au sein de notre groupe pèsent sur notre moral....

 Imprimer  E-mail

La Georgie

Aux confins de l'Europe, commencent les complications des frontières. Nous transitons par le seul poste frontière ouvert entre la Turquie et la Géorgie et y passons plus de 24h.

Et encore nous avons de la chance! Certains camions de transports sont sur place depuis 48h.... On ne sait toujours pas si c'était occasionnel dû à une chute de pierre sur la route ou si c'est toujours comme ça. Ici on commence à oublier l'alphabet romain et la moindre inscription nous est totalement énigmatique et pourtant très jolie.

Notre intuition nous a mené dans un village à première vue pas très accueillant, tout en longueur avec une route principale le scindant. Pas de petite place ou de lieu un peu isolé qui serait adéquat à une projection. Nous rencontrons quelques jeunes jouant au basket sur un terrain jouxtant cette route.

On commence à discuter (heureusement que les enfants apprennent l'anglais à l'école, ils nous servent bien parfois d'interprète), ils ont l'air enchantés de participer à une projection. Alors on se lance. Sur le bord de cette fameuse route, on improvise un espace de représentation et le bouche à oreille fait vite son effet. Cette fois-ci pratiquement que des hommes viennent au rendez-vous, avec seulement quelques enfants. Donc nous choisissons de projeter « Home », plus adapté. Les femmes sont venues timidement "préférant" rester à la maison. Ce fut un bon moment de partage et beaucoup nous ont remercié pour la réflexion que ça leur a apporté sur le monde et nous redemandent le lendemain quel est le titre du film. Tous les gens du village ont apporté à manger et on remarque qu'on se rapproche notablement de la Russie, car presque tout le monde parle russe, et la vodka est à l'honneur. Merci Lola d’avoir pris quelques cours avant de partir !!! :)

IMG 0747

IMG 0761

 DSC8549-1

 DSC8578-5 resultat

 Imprimer  E-mail

Anatolie centrale

Dans un autre village au cœur des montagnes où nous nous étions aussi arrêtés par hasard, difficile de ne pas remarque l'école en plein centre, avec sa cour à ciel ouvert. C'était le début de l'été et les derniers jours d'école. Nous n'hésitons pas à proposer une intervention aux professeurs. Ils nous disent de repasser le lendemain car ils doivent demander l'autorisation du rectorat. Etant en pleine période électorale nous doutons de la possibilité de créer un évènement, difficile en cette période de tension. Nous avons déjà fait l'expérience de plusieurs refus de localités en Cappadoce.

Mais nous nous apercevons le lendemain du grand malentendu. Le directeur pensait que nous voulions filmer les enfants. Nous passons deux heures à tenter de nous expliquer puis dès que l'équipe comprend, les tensions des visages se transforment sourires radieux nous invitant à nous installer.  Les élèves, de 10 à 13 ans, comme les professeurs sont restés concentrés tout le long du film et nous avons eu le droit à une session de dédicaces à la fin de la projection. Dur de repartir quand une ribambelle d'enfants admiratifs nous sollicite. Nous les sentons touchés par notre attention. 

 DSC9041

 

 Imprimer  E-mail

Cappadoce

Sur la route de la Cappadoce nous nous sommes arrêtés par hasard pour manger dans un petit village et nous avons remarqué tous les enfants dans la rue nous observant avec curiosité.

Nous avons alors décidé de passer la nuit sur place pour leur proposer une projection. Installés, à la sortie du village, ce soir-là nous avons passé un moment convivial avec un petit groupe qui a réussi à comprendre ce que nous leur proposions. Un couple de personnes âgées est resté les yeux rivés sur l'écran du début à la fin où la pluie a fait son apparition.

 DSC7883

 DSC8578 resultat

 DSC8532 resultat

IMG 3248 resultat

 Imprimer  E-mail

Banlieue d'Istamboul

A Istanbul, nous nous sommes rendus dans une institution qui accueille des adultes et des enfants qui ont un handicap mental.

C'est ici que nous avons commencé à nous mettre en scène en tant que clowns avec notre nouveau camion en carton. Au programme ateliers de Hoola Hoop et de bolasses! Les enfants comme les adultes se sont régalés et ont expérimenté avec plaisir. Puis, nous nous sommes installés tous ensemble dans la salle pour la projection de « Océans » que nous avons introduit en créant un show clownesque avec des poissons en carton. Encore une fois, la rencontre a été formidable.

Clip0059.MXF snapshot 00.06 [2015.09.21 23.07.44]

 

 DSC7746 resultat

 

 Imprimer  E-mail

La turquie

La dernière fois, on vous quittait sur l'arrivée en Turquie. Le Turquie a certainement été notre coup de cœur avec des paysages magnifiques et très diversifiés et une population magique par son sens du partage, son hospitalité et surtout sa grande sensibilité.

 DSC8544 resultat

A plusieurs reprises, on nous a offert gite et couvert, sans même que nous en ayons émis la nécessité. Le thé répand son parfum à chaque détour de rue, de ville ou village, bords de route, entrées de boutiques, et cette ambiance particulière aux temps de pause, heures creuses de travail, et aux rassemblements, est un prétexte à toute rencontre fortuite et permet un premier contact facile par le partage. Autant dire que qu'est ce qu'on en a bu du thé!! Et surtout que de sourires qui l'accompagnent....

 DSC7698IMG 2903

 

Quant au projet, au fil du voyage nous avons retravaillé sur notre présentation lorsque nous arrivions sur des lieux. Dû à l'incompréhension parfois de qui nous étions, et pourquoi nous étions là, nous avons décidé de fabriquer un camion en carton pour mimer notre démarche.

Nous nous sommes rendu compte qu’il était important d’expliquer d’une manière ou d’une autre qui nous étions et la raison de notre présence. Du fait de la barrière orale, nous avons désiré innover pour nous faire comprendre. Nos amis italiens avaient un montage muet qui présentait leur association Bambini nel deserto et leurs expériences passées. C'est une super idée et efficace qu'on n'hésitera pas à reproduire pour les prochaines tournées.

Clip0047.MXF snapshot 01.34 [2015.09.21 23.01.34]

 Imprimer  E-mail

«De Venise au fin fond de la Chine, les routes de la Soie demeurent plus que jamais un axe mythique. Un chemin initiatique sur lequel l’Orient et l’Occident ont échangé des biens et des idées pendant des siècles.

Aujourd’hui, l’esprit de cette route perdure dans les oasis et les caravansérails, dans les villes qui s’étalent de la vieille Europe à l’Asie profonde.

Cet esprit d’hospitalité, de concorde, d’échange entre les hommes, et donc d’ouverture à l’Autre, se retrouve dans les paysages, dans les patrimoines, dans les trésors qui se cachent le long de la route(…) Autant de messages de tolérance, autant d’oasis de la pensée. Dans ces temps troubles de civilisations en rupture, la route de la Soie - l’antiroute des croisades - plaide au contraire pour un rapprochement.»

4e de couverture du livre Sur les Routes de la Soie de Reza et Olivier

Newsletter

Pour être informé de nos actions

Lezards Migrateurs

6 rue des lions Saint-Paul 75004 - Paris

Tel : +33 (0)6 14 29 30 94