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Grande liberté des enfants à l'école

Au premier regard cette école m’a fait penser à l’école de Summerhill fondé par Alexander Sutherland Neill en 1921 près de Dresde en Allemagne. Suite à plusieurs contestations et difficultés politiques reliées aux principes sur lesquels était fondée l'école, Neill déménage celle-ci dans le comté de Suffolk en Angleterre en 1927, près de la ville de Leiston.

La pédagogie de cette école s’inscrit dans le courant de la Pédagogie nouvelle qui s’est développée au début du 20e siècle. Le premier principe pédagogique de Neill est fondé sur le droit de l’enfant à se développer en toute liberté, sans contrainte émise par un adulte.

Il considère que l’intervention d’un adulte vient brimer l’enfant dans son développement en lui imposant des restrictions. D’après Neill, «la méchanceté n’est pas fondamentale dans la nature humaine […] disciplinez un enfant et cet enfant a priori sociable deviendra mauvais, menteur et haineux». La vision psychanalytique de l’éducation de Lane influence donc la pensée éducative de Neill. En effet, Lane croit que l’enfant est né bon, et que s’il devient mauvais, c’est la faute de l’autoritarisme des adultes. Neill à une conception de l’éducation qui se distingue de ses contemporains. En effet si pour certains l’éducation, c’est prendre l’enfant tel qu’il est «afin de le conduire vers ce qui est mieux», pour lui, elle doit permettre la satisfaction intégrale des intérêts de l’enfant. C’est pour cela qu’il pense aussi qu’il est important de permettre à l’enfant d’épuiser ses intérêts naturels afin qu’il atteigne l’épanouissement le plus total.

«Lorsque toute contrainte est supprimée, lorsque l’adulte renonce à commander, interdire, guider et prescrire, l’enfant va se diriger à partir de son désir, en se fiant à son propre désir […] et son progrès sera constant». Pour Neill, le travail intellectuel est contre la nature de l’enfant, car ce dernier n’a pas atteint le développement suffisant. Il doit en premier lieu épuiser son désir du jeu et ensuite il sera en mesure de travailler intellectuellement. Il associe l’épuisement de l’intérêt à la liberté du développement, «les enfants, comme les adultes, n’apprennent que ce qu’ils veulent». Pour Neill, l’essentiel en éducation, c’est que l’élève découvre par lui-même car il considère que les livres ne doivent être utilisés que pour les études libres. L’épuisement du désir et la liberté sont les deux principes que retient Neill pour assurer un développement équilibré de l’individu, ce qui fera de ce dernier un être saint, en paix avec lui-même, donc en paix avec les autres.

Si Neill met tout en oeuvre pour neutraliser l’autorité des adultes à Summerhill, ça ne signifie pas que les enfants n’ont aucune règle à respecter, qu’il ne s’y opère aucune forme de discipline. Les règles sont déterminées par la communauté qui vit dans l’enceinte de l’école. Partant du principe que « chacun est libre de faire ce qu’il veut aussi longtemps qu’il n’empiète pas sur la liberté des autres », Neill considère son école comme une petite société à laquelle on remet un pouvoir d’autodétermination. Ce pouvoir s’exprime à travers un gouvernement communautaire, le self-governement, au sein duquel l’opinion des enfants et des adultes pèsent d’un même poids lorsque des décisions doivent être prises. Des assemblées générales sont tenues à chaque semaine où sont débattues différentes questions. En utilisant ce moyen, Neill offre aux enfants une solide instruction civique tout en leur permettant de jouir du privilège d’édicter les règles qui régiront leur séjour tout en assumant l’importance d’en assurer l’application.

Je fais cette comparaison car les enfants de cette école bulgare étaient libres de rester en classe ou non, de rentrer dans une classe qui n’était pas la leur ou encore inviter quelqu’un à assister à leur cours. Et à Summerhill, les enfants n’étaient pas tenus d'assister aux cours. Ils venaient lorsqu’ils le désiraient et à ce moment-là, la concentration était forte car ils avaient envie d’apprendre. Nous ne connaissons pas exactement la pédagogie de cette école mais tout de même il m’a semblé intéressant d’observer cette liberté et le plaisir qu’avaient les enfants dans ce qu’ils faisaient.

Eva.

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