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Retrouvailles

Grand départ de Lorris (100 km de Paris) le 27 mars, direction la Hongrie, afin de rejoindre nos amis italiens, rendez-vous étant pris à Budapest le 29 mars. 

Nous parcourons chacun de notre côté 1500 km en deux jours avec déjà des péripéties : panne d’essence du 609 devant une caméra de sécurité sur l’autoroute, on se dépêche de siphonner le réservoir du PL pour repartir avant l’arrivée des gendarmes. Dans la même journée nous sommes à la recherche de la vignette qui autorise la circulation sur autoroute, pas de chance, la police nous verbalise dans la station essence où nous allions acheter cette fameuse vignette : Ils ne sont pas conciliants, 200 euros d’amende. 

Le lendemain la police nous arrête, sur l’autoroute également,  pour nous emmener au  contrôle technique mais tout se passe bien grâce à une mauvaise compréhension de la carte grise de la part des policiers. Ça commence plutôt fort mais ça fait partie du voyage.

Pour les italiens pas de soucis sur la route, on doit se rencontrer comme prévu le 29 au soir. Ils ont du mal à nous retrouver dans la banlieue de cette grande ville. Enfin vers 22h, arrivée en fanfare de « maggie », le 4x4, et retrouvailles très chaleureuses après plusieurs mois passés séparément.

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Douanes hongroises

Le lendemain matin, après avoir fait le plein de courses, départ direction la Roumanie.

Après une longue journée de route, nous voilà bloqués à la frontière suite à un problème de vignette (encore).

douane hongrie

Les deux poids lourds sont en infraction. Un pour être sorti du parcours prévu lors de l’achat de la vignette, l’autre à cause d’une erreur de l’employée du bureau de vente, qui nous a vendu une vignette qui ne correspondait pas à la carte grise. Nous devons payer une amende de 1500 euros ! 

En Hongrie, il y a beaucoup de caméras et le douanier nous prouve en images que nous sommes en tort. On tente de négocier car cet argent nous ne l’avons pas, du moins il sera plus utile ultérieurement. La douane ne veut rien entendre, alors nous restons sur le parking avec les deux poids lourds le temps de débloquer la situation.

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Pendant ce temps le 609 passe en Roumanie pour rencontrer notre contact sur place, Dominique Auban, qui essaie aussi de nous aider, mais en vain. Heureusement, après deux nuits sur ce parking, notre super "avocate" Seven  réussi à nous sortir de ce mauvais pas avec beaucoup de patience et le soutien du consulat de Hongrie à Paris.

rovignette

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Samtoul

Apres 2 jours d’attente les 2 poids lourds passent enfin.

Nous allons tous nous installer chez Dominique, qui a prévu pour nous un grand terrain sur sa propriété et qui nous reçoit dans les règles de l’art, vraiment chaleureusement, malgré le froid qui nous surprend en ce début de printemps.

dominique

L’après-midi même on commence les activités avec les enfants.

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Le jeu des grimaces que nous transportons dans nos valises, « top face » plait beaucoup aux enfants. Au premier abord, ils n’osent pas, par timidité, mais ensuite ils viennent d’eux-mêmes nous le redemander.

Top face

Nous diffusons ensuite quelques courts métrages d’animation qui les font beaucoup rire, suivi d’un film.

cinema

Le soir Dominique nous explique, devant un verre de "palinca", son expérience. Moment très touchant où tout le monde fini avec les larmes aux yeux, car ce qu’il nous raconte dépasse les limites de l’entendement. Les plus âgés d’entre nous se rappellent les images horribles de la fin des années 80, montrant les atrocités commises dans les orphelinats roumains. Dominique consacre sa vie, depuis 17 ans qu’il a quitté la France, à redonner  espoir à certains de ces enfants, maintenant adultes et parents à leur tour.  

Les jours suivants Eva et Fanny se démènent avec les éducateurs d’un foyer qui refusent au départ de nous confier la responsabilité des enfants, mais qui au final les laissent venir jusqu’à 20h. Nous diffusons « Amazonia » puis le jour suivant  « Bébés », deux films particulièrement appréciés par les enfants.

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Baia Mare

Départ à regret de chez Dominique où tout le monde serait bien resté plus longtemps. Pour certains il est difficile de dire au revoir mais il va falloir s’y habituer.

On reprend la route vers Baia Mare à 60km environ. Trois écoles nous attendent.

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Il est difficile de trouver un endroit agréable pour trois camions en ville. Nous nous installons dans un coin de zone industrielle.

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Nous recevons un très bon accueil dans trois écoles maternelles très différentes les unes des autres, de la plus aisée à la plus pauvre. Après la vision assez fataliste que nous avons eue précédemment, nous sommes contents de voir que tout n’est pas si noir, les écoles publiques offrent aux enfants de bonnes conditions et un personnel éducatif très attentionné. Le contact avec les enseignants se passe si bien qu’ils nous proposent de rester un quatrième jour pour projeter un film aux enfants de la communauté tzigane de Baia Mare.

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Le choix est difficile car une autre école nous attend et nous ne voulons pas la décevoir. On décide donc de repartir dans les montagnes à Sighetu, à trois heures de route, à travers les sommets enneigés. Les paysages sont magnifiques et nous traversons quelques villages assez typiques, où les voitures croisent les charrettes à chevaux rentrant des travaux des champs.

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Sighetu

Arrivés à Sighetu,  changement total de décor, d’ambiance, nous sommes dans une ville qui a su garder ses traditions intactes malgré le passé mouvementé de la Roumanie.

On croise des personnes en costume traditionnel, mais ce n’est pas pour le folklore ou pour épater le touriste, c’est leur façon de vivre.

Encore une fois nous sommes bien accueillis dans l’école maternelle où l’on diffuse un film pour 90 enfants surexcités.

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Chiens Malades

Malheureusement nous avons un petit souci, trois des chiens sont malades, dont un, le plus faible, très gravement.

Grâce à la directrice de l’école, nous avons la chance de trouver un vétérinaire compétent et passionné qui nous offre gracieusement les soins et les traitements pour tous les chiens atteints. On se couche le soir en espérant que le chien le plus atteint, triste à voir, passe la nuit. Un peu abattu, on décide de rester pour le week-end.

Le vétérinaire revient nous voir les deux jours suivants. En échange de sa gentillesse et du temps passé avec nous, nous lui offrons quelques produits de nos précédents voyages, et lui nous ramène de la bonne nourriture locale, car nous sommes en plein dans les festivités de Pâques, donc les familles cuisinent leur spécialités. Et les voisins nous apportent aussi de la nourriture, de l’eau, et sont très chaleureux avec nous. Inversion des rôles, la Roumanie fait de l’humanitaire avec  nous !


Pour les remercier de leur accueil et de leur soutien, nous leur proposons une  séance de cinéma en plein air ce dimanche 12 avril.

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Pause Forcée

Les 2 semaines dans la ville de Sighet sont enfin terminées. Ce moment d’arrêt a été extrêmement difficile moralement pour nous tous. Mais, dans chaque épreuve nous profitons de la partie positive. Ce temps était finalement nécessaire pour se rencontrer, se découvrir, apprendre à se connaître et vivre ensemble. Avec nos modes de vies très différents, nous avons des codes sociaux, caractères et même langages variés ; tout ça dans un contexte inconnu pour nous, avec une réalité locale très dure, et un froid extrême qui n’aident pas. Cependant, peu à peu chacun prend ses marques, et à travers notre envie commune de réaliser le projet nous renforçons notre cohésion.


Nous avons aussi profité de ce moment pour faire quelques contrôles des véhicules après les premiers 2000km. Mecanique1

Nous avons fait les vidanges du 609 (pont, boite de vitesse, moteur) et fait les points de graissage de tous les camions. Evidemment, nous avons eu la problématique de récupération de l’huile de vidange et avons dû sacrifier nos bidons d’eau vides (12 Litres). L’huile moteur du 609 doit être changée tous les 10.000KM alors que l'huile du pont et de la boite tous les 20.000km. Nous sommes tranquilles pour un moment. Pour Toubabou, les vidanges sont plus compliquées et nous sommes à court de bac de récupération. Les moments de mécaniques sont des moments que partagent surtout les hommes de notre groupe, et leur permettent aussi de se rassembler.

Mecanique2

Nous avons fait tout ça au milieu des moutons, qui nous réveillaient à 8h30 tous les matins et sous les regards de quelques curieux.
 Nous avons surtout profité de cet instant immobilisés pour tisser des liens.


Nous avons organisé notre première projection de cinéma open air sous les étoiles, comme cadeau pour les voisins qui nous ont soutenus dans nos difficultés. Malgré le froid, de nombreux nouveaux amis sont venus, pour la plupart par curiosité ou bien pour l’envie de partager un moment avec nous. Parmi eux, une jeune fille est restée les yeux rivés sur l’écran, du début jusqu’au générique de fin, malgré les départs de ses amis et la diversion des autres.
Nous retrouvons chez elle la petite étincelle qui peut allumer le feu. Nous ne prétendons pas pouvoir changer le monde mais c’est en touchant ces quelques personnes que tout message peut se transmettre. Nous puisons nos forces dans ces moments d’émotion qui confortent notre désir d’apprendre, de grandir et qui justifient ce projet.

Cinema1

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Rencontre avec les Tziganes de Sighet

Grâce à ces mêmes voisins, nous avons pu rencontrer quelques Tziganes qui sont venus passer l’après-midi aux camions. Ce fut un apport de bonne humeur et de couleurs bienvenu dans cette période.

Au moment du départ les jeunes nous ont rejoué une scène de « gadjo dilo », en clin d’œil, mais aussi sans doute pour se moquer gentiment des gadjos que nous sommes ! La première rencontre est un peu étrange, une dizaine de personnes arrivent, avec plusieurs enfants, transformant soudainement l’allure de notre campement. Les femmes nous prêtent des jupes colorées et se mettent directement au travail : tresses pour les femmes de notre groupe.

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Les hommes s’assoient et regardent, les enfants s’ennuient et commencent à toucher à tout. Nous ne nous comprenons pas mais l’ambiance est bonne. Pour rassembler les enfants nous improvisons un atelier laine, pour créer des attrapes-rêves colorés. Finalement l’atelier manuel n’intéresse pas que les enfants et une mère se met à en fabriquer un.

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Les enfants sont aussi fascinés pas l’appareil photo et veulent une multitude de portraits. Ils nous demandent alors de mettre de la musique, mais malheureusement nous avons épuisé nos réserves de batteries dans les camions. La journée se termine par cette scène de panne de voiture de Gadjo Dilo. Certains d’entre nous ont tout de suite noté la référence au film, d’autres croient qu’ils sont vraiment en panne.

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Quelques jours plus tard, nous partageons une séance de cinéma, rien que pour nous, au chaud dans Maggie et bien sûr premier film sélectionné : Gadjo Dilo ! Forcément, vient la problématique des sous-titres. Nous choisissons le français, après tout Fanny connait déjà le film. Promis le prochain sera soit un film espagnol, soit sous-titré en espagnol. Cette séance nous fait du bien et toute l’équipe peut enfin comprendre les blagues des tziganes, et quelques répliques et chansons tirés du film sont cités quotidiennement :

Super mon cher !!! Tutti Fruti !!! Michto !!!!!


Gadjo Dilo est un film de Tony Gatlif, réalisateur qui est proche de nous puisque nous projetons ses films (Latcho Drom et Gadjo Dilo), avec la gracieuse autorisation de diffusion de sa part. Gadjo Dilo pourrait être très intéressant à projeter ici en Roumanie car son contexte parle de l’exclusion des tsiganes en Roumanie et des conflits avec la population locale et explique un peu leur mode de vie sous couvert de beaucoup d’humour et de confrontation avec une troisième ethnie : la nôtre, française. Nous voulions le projeter lors de cette séance pour le voisinage mais après notre demande, ils nous ont dit qu’ils ne comprenaient pas la langue parlée, qui est en réalité un dialecte tsigane. Comme nous avons invité des enfants et ne connaissons pas le taux d’alphabétisation des plus âgés, nous décidons de ne pas le projeter au profit de Home.


Ici, comme dans tous les pays d’Europe, il existe une réelle discrimination envers les tziganes. Les cultures étant très différentes, l’intégration et la cohabitation est difficile mais grâce à notre manière de voyager, nous avons eu la chance de rencontrer des professeurs qui combattent pour intégrer ces enfants, et d’autres personnes, issues des deux communautés, qui vivent ensemble et partagent leur vie malgré leurs cultures différentes.

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Latcho Drom Taska !

Taska

Notre équipe n’est pas uniquement composée de 8 personnes mais aussi de 7 chiens, qui facilitent les rencontres, nous accompagnent et nous protègent. Chiens-educateurs

Avant de partir nous avons pris beaucoup de précautions les concernant, mais malheureusement il existe toujours des imprévus.
Malgré les vaccins, tous nos chiens ont été contaminés. Yari et Taska, les plus âgés, ont le plus souffert.

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Yari est resté sous perfusion une dizaine de jours car il ne s’alimentait ni ne buvait plus et Taska après un long combat nous abandonné à notre peine.

Plusieurs maladies prolifèrent en Roumanie. Nous avions vacciné nos chiens contre la maladie de Carré, mais comme elle évolue, ils ne sont pas immunisés contre la forme qu’elle prend ici. Selon le vétérinaire Tudor, presque tous les chiens roumains ont cette maladie mais eux sont immunisés. La plupart de nos chiens ont l’habitude de voyager en Afrique, nous ne nous attendions pas à les voir ici en Europe, tomber si malades. Les symptômes sont impressionnants et fulgurants. Le chien perd toute son énergie, l’urine est rouge, il défèque fréquemment, ne s’alimente plus et ne s’hydrate plus. Les toxines ne peuvent être éliminées par les reins s’ils n’urinent pas.

Nous avons tous été étonnés du retournement de situation. Yari, atteint de la tyroïde, était le plus touché, et très faible depuis plus d’une semaine, nous avons beaucoup douté de sa survie tandis que Taska était plutôt en forme. Elle, déjà atteinte de plusieurs maladies : principalement erlichiose et leishmaniose, suivait un traitement antibiotique de doxocycline. Au terme du traitement, les symptômes se sont déclarés rapidement.

Malgré tous nos efforts, c’est en 48h que Taska a rendu l’âme, un dimanche à 1H du matin.

Nous avons tout fait pour la sauver, et n’avons pas dormi, jusque ses derniers instants. Ses cris résonnent encore dans nos têtes et la souffrance qu’elle a endurée ne nous quittera pas. Un mois que nous sommes partis et nous avons déjà perdu un membre.

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Le vétérinaire nous accompagne dans notre tristesse et se sent désolé. Nous l’enterrons dans son jardin, sous un arbre ou bourgeonnent les premières fleurs, dans une situation presque irréelle, où la messe de l’église collée au terrain, 4h durant résonne, la grêle fait son apparition pendant 5 minutes au moment où nous faisons nos adieux, les cloches sonnent et nos chiens pleurent quelques secondes du haut des camions ou ils sont enfermé semblant eux aussi lui faire leurs adieux. enterrement3

EgliseAvec cette belle cérémonie, Nous sommes tout de même sous le choc, et devons se souder pour affronter la réalité et se donner la force de poursuivre. Nous avons du mal à la laisser seule dans ce petit village de Roumanie, ou nous ne connaissons rien, et très sûrement ne reviendrons pas.

Taska3

 

 

 Ciao Taska !!!!

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Notre ange : Tudor

Encore une fois, même dans les pires moments, on peut voir l’autre face de la médaille. Nous avons eu la chance de rencontrer des gens qui ont la même sensibilité que nous. De cette tragédie découle notre plus belle rencontre : Tudor, le vétérinaire. Il est venu voir nos chiens tous les jours sans répit, extrêmement touché par notre situation. Il a fait tellement de choses pour nous que c’était presque impossible de lui présenter notre gratitude, les quelques cadeaux que nous lui avons offerts ne sont que le symbole de l’amitié profonde que nous lui portons.

 Tudor

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Le premier choc des cultures

Le choix de retarder des RDV avec des associations pour soigner nos amis quadrupèdes a fait l’objet d’une grande réflexion.

Comment justifier nos choix qui peuvent paraître démesurés aux yeux d’une population qui souffre de la pauvreté? Mais comme on l’a dit, notre équipe et notre travail sont l’essence d’une collaboration entre nous et nos chiens. Cette problématique est présente depuis les prémisses du projet. Nous savons que nous allons à la rencontre d’autres cultures et parfois à leur encontre.

Nous avons parlé du « choc » des cultures et c’est ici la première confrontation réelle de nos différences.

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Nous arrivons, et tel est notre désir, dans un pays ou la politique antérieure a créé des traumatismes très profonds chez tous ces enfants devenus adultes et où encore aujourd’hui il y a beaucoup d’enfants en très très grande difficulté. Nous avons RDV avec des associations qui s’occupent de ces enfants. Nos chiens sont notre famille mais nous sommes conscients que notre choix, cependant non négociable, peut paraître incomprise aux yeux de ces personnes qui travaillent chaque jour avec les enfants des rues, dans une très grande misère sociale, et engendrer des malentendus. Nous comprenons cependant leurs positions.

 

Un autre exemple :Punki

L’histoire de Punki, chien errant affamé qui mangeait les poules des villageois, était en réalité notre tout premier choc.

Alors que nous étions dans le village de Noroieni, sur la propriété de Dominique, deux hommes enferment ce jeune chien dans un poulailler. Il prend peur et court en rond en tentant d’échapper à la pelle qui lui fait face. A deux reprises, l’homme lui lance la pelle dans sa direction pour lui trancher la tête : guillotine improvisée ! Evidemment nous sommes choqués de la scène et interrompons la mise à mort. Premier heurt avec les locaux !

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Route vers Bucarest

Après des adieux à fendre le cœur, nous avons enfin repris la route en direction de Bucarest pour rejoindre l’association Parada, avec dix jours de retard. Le printemps naissant, la route magnifique que nous traversons nous redonne de l’énergie. 3 jours de route et 650km nous attendent pour arriver à la capitale !!

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Des dommages parfois avantages

C’est en s’arrêtant à Targoviste, avant de se lancer dans la jungle bucarestoise, à 70km de là, et afin de profiter de l’accueil et du confort d’un ami pour la soirée (héhé! la machine à laver et la douche ne sont jamais de refus), qu’il s’est avéré que le bruit que nous entendions chez Merco était beaucoup plus dangereux que nous le pensions. Nous sommes donc restés sur place pour éviter un accident très grave sur la route et faire les réparations nécessaires.

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Une fois de plus, nous avons eu beaucoup de chance dans notre galère car nous avons rencontré par hasard Mihail, mécanicien de poids-lourd confirmé, chef d’une société de transport,et de surcroit parlant italien qui a tout fait pour nous aider à moindre cout, ouvrant son cœur et sa générosité. Très rapidement Mihail est devenu ami de la troupe, nous honorant de ses visites quotidiennes et de ses cadeaux (pain, vin, saucisson….) et en prime d’une soirée barbecue chez lui, très agréable, où il nous a dévoilé ses talents de musicien et de chanteur. Il a aussi gracieusement vérifié l’état de tous les camions.

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Mihail nous a accompagné dans un gigantesque garage poids-lourd tenu par des amis (ou associés, on n'a pas vraiment compris) avec des outils supra modernes, et un savoir-faire plus que professionnel. On se croirait en Allemagne, seule la facture fait la différence.

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Merco vient de fêter ses 200 000kms. C’est peu pour un camion mais quelques années de pistes au Maroc ont épuisées ses suspensions. Donc silent blocks des lames éclatés, ainsi que barre stabilisatrice, rotules et surtout barre de direction! 3 jours de travail à plein temps, ainsi que l'attente des pièces au coeur de jours fériés et d'un week-end. On se disait bien qu’il faisait un drôle de bruit ces derniers temps !
Toubabou aussi fumait blanc ces derniers temps, en as de la mécanique nous pensions à un passage d’eau dans le circuit de combustion, mais Mihail en moins de 3 minutes lui a trouvé un injecteur cassé qu’il a fait réparer pour un prix, disons très roumain…

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Par son intermédiaire, nous avons eu accès à beaucoup d’attention de toutes les personnes du garage. Il semblerait qu’ils aient été touchés par la folie de notre projet, car ils ont travaillé sans relâche et avec beaucoup de minutie, ont organisé une collecte en vidant leurs placards et leur frigo et en récoltant quelques leis (monnaie roumaine) malgré leur maigre salaire.

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Cette curieuse situation à la limite gênante nous a confirmé que derrière la façade parfois distante des roumains, leur générosité est surprenante. Nous ne comptons plus les personnes qui nous accueillent à bras ouverts, nous offrant leur hospitalité...


En réalité, parfois nous avons honte d'être accueillis de la sorte, alors que chez nous les roumains ou autre étranger quel qui soit, sont stigmatisés et rarement bienvenus. Le contraste est fort. Ici, dans tous les lieux que nous traversons, les personnes sont curieuses de rencontrer leurs nouveaux voisins que nous sommes, prennent plaisir à nous connaître et le temps de nous aider. Chez nous, un nouveau voisin est toujours synonyme d'ennuis et nous ne nous intéressons pas à l'humain qu'il peut-être, au parcours qu'il a pu connaître, et aux expériences qu'il peut partager.


De manière générale, nous sommes scandalisés de la façon dont on traite les immigrés dans nos pays riches, alors que nous témoignons une fois de plus qu'en voyage, il y a toujours quelqu'un pour partager le peu qu'il a. Nous vérifions ce vieux précepte qui dit que les personnes les plus démunies sont les plus généreuses.
Nous sommes heureux de pouvoir régler ces important problèmes en peu de temps, avec des grands professionnels et avec des personnes magnifiques, mais décidément nous devons encore annuler notre rendez-vous avec Parada, conscients que l’énorme frustration qu’elle engendre ne serait pas remédiable. Malheureusement, fatigués de l’énergie dépensée pour aménager notre venue, l’organisation du programme n’a plus été possible…

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Evènements hors programme

Bon, l’important est de rester actif ! De ce fait, pendant qu’une partie du groupe travaillait à régler les camions, une autre, entre 2 machines à laver, est partie à la recherche de contacts en dehors de notre programme.

Nous nous sommes rendus à la protection de l’enfance de Targoviste qui nous a permis de projeter un film dans un foyer qui a ouvert un grand point interrogatif pour nous. Nous n’avons pas réussi à créer de lien avec les adolescents, ni avec l’équipe éducative, l’ambiance et la manière dont on a été introduit était très étrange. L'accueil était défiant.

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Nous nous posons la question du choix du film, n'étant pas adapté à l'âge du public, mais avec le recul et en discutant avec certaines personnes en relation avec ce foyer, nous nous rendons compte que c'est un ensemble de choses, qui sont spécifiques à l'établissement et pas forcément en rapport avec notre venue, qui sont en causes. Cette expérience riche nous a permis d’apprendre à nous positionner et à penser différemment notre venue, par exemple s'imposer quelques règles quand il s'agit de structures sociales :

  • bien définir le public afin de choisir le film tous ensemble et la veill.
  • demander a ne pas placer les enfants dans les salles avant l'installation.
  • rencontrer notre interlocuteur et les locaux autrement que par téléphone ou par intermédiaire...

 

Encore plus motivés, l’après-midi suivante nous partons pour un second rendez-vous dans une école pour enfants en situation de handicap.

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Soutenus dans notre démarche par la responsable, elle nous aide à nous organiser et nous met à disposition l’amphithéâtre et différents espaces pour nos ateliers : musique, jonglage et top face. Nous l’avons rencontré la veille, nous a présenté les enfants et les locaux et avons longuement discuté sur le choix du film.

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Sacré contraste!

Nous décidons donc de projeter "Bébés", pour son message sur la différence. Les enfants se sont vraiment saisi de ce que nous leur proposions et sont resté concentrés sur le film presque jusqu’à la fin, à la grande surprise de la responsable. Cette journée intense nous enchante. Nous sommes étonnés de voir que malgré les grandes différences d’âges et de handicaps, il y a beaucoup de respect entre eux, les grands veillant sur les plus petits et les plus assurés nous aidant à entrer en contact avec ceux plus en difficultés. L’atelier "loop" au début un peu chaotique s’est terminé en grande fiesta, toujours désordonnée mais très enivrante remplissant notre cœur de beaucoup de rires et de plaisir.

centre fiesta

Contrairement à ce que nous pensions, grâce au superbe travail éducatif de cette école, nous avons eu une grande facilité à échanger et partager avec les enfants. 

Nous avons tissé un lien très fort avec les enfants et les éducateurs, malgré le peu de temps que nous y avons passé. L’équipe éducative dans sa manière d’accompagner les enfants montre une bienveillance envers eux. En les observant, nous remarquons qu’ils font abstraction de leur handicap et les soutiennent dans leurs capacités. C’était intéressant de voir en deux jours deux manières opposées du travail éducatif. Nous avons eu plaisir d’observer des équipes qui voient l’enfant tel qu’il est, au travers de sa spécificité et non de son handicap. Chacun est différent de par sa culture, son éducation, son caractère et dans cette école les éducatrices portent le même regard sur les enfants que dans une école dite « normale », les accompagne dans leurs difficultés dans l’idée que chacun se développe à son rythme.

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Ciao Gonzalo

Après avoir joui de la présence de Lorenzo (alias Gonzalo) durant plus d’un mois, dernière acquisition imprévue de la team en provenance d’Italie, c’est avec grand regret que nous lui disons au revoir à Targoviste, d’où il prend la route pour rentrer chez lui.

Gonzalo

Sa joie de vivre, sa jeunesse et son énergie nous manquent déjà. Ciao Ciao Gonzalo !

gonzalo arte

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Bucarest et sa banlieue : Cernica

Le voyage continue. Les camions apprêtés, on chauffe le moteurs, direction Bucarest afin de récupérer nos passeports à l’ambassade car les visas russes ont tardé.

passeport

Vous vous demandez si nous avons oublié nos passeports à la maison ? Non !!

Dans l’organisation du voyage, une des choses les plus compliqué était l’obtention du visa pour la Russie.

La demande de visa ne peut se faire à plus d’un mois avant l’entrée dans le pays. Le fait que nous voyageons par la terre, prend plus de temps. Ainsi, si nous étions partis avec ce visa avant de partir, il ne serait plus valide pour notre retour au mois d’octobre.

Le plan A était d’obtenir deux passeports théoriquement autorisé par la loi de l’EU : en France c’est possible et facile, en Italie plus compliqué mais faisable et en Espagne impossible. Du fait que nous ne pouvions pas tous l’obtenir, nous avons opté pour le plan B : commencer le voyage dans les premiers pays européens avec seulement notre carte d’identité et laisser nos passeports à Action Visas pour qu’ils s’occupent de compléter toutes les formalités exigés pour l’obtention du visa (pour 6 mois avec entrées multiples). Et, ensuite pour qu’ils nous les envoient à l’ambassade française de Roumanie.


 

L’arrêt sera court cette fois-ci. Un coup de téléphone nous amène sur le chemin de Parada, qui organise un spectacle de cirque avec les enfants des rues dans une station de métro. Nous sommes étonnés de la qualité du spectacle et du talent des enfants. Parada fait un merveilleux travail avec les enfants des rues en leur offrant une motivation quotidienne, prétexte à leur accompagnement et paraissent créer un lien très fort et inspirer un profond respect avec des enfants qui vivent une violence quotidienne.

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Nous pensons que nous aurions pu apprendre et partager beaucoup avec eux. Mais stop les regrets! Nous nous répétons que ce sont les aléas du voyage auxquels nous sommes préparés.

Cernica, un village en banlieue de Bucarest est notre point de chute pour ces deux jours.

Nous y rencontrons des enfants tsiganes, très curieux et désireux de nous rencontrer. Leur approche est très fatigante pour nous car envahissante mais aussi intéressante.

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La barrière de la langue et la différence de culture fait choc. Ils rient beaucoup de notre non-compréhension et en profitent pour se moquer de nous. Nous avons trouvé que la meilleure manière de communiquer avec eux c’était au travers des jeux (cerceaux, balles, frisbee), du cinéma et de la musique.

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Nous avions invité tout le village à la projection mais seuls les tsiganes sont venus.

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Ici encore, nous voyons que les deux ethnies ne se mélangent pas. Les enfants sont provocateurs. Nous sentons parfois que nous gagnons leur confiance et leur respect, puis quelques minutes plus tard, sous l'effet de groupe sûrement, et la fierté de certains, ils nous mettent à nouveau à l'épreuve. Nous percevons sous leur agitation une manière de s'exprimer. Evidemment, cela a soulevé un questionnement : comment se faire respecter avec des enfants comme ceux-là? Nous repensons à Parada et mettons en évidence qu'il y a une grande différence entre la rencontre dans l’itinérance et l'accompagnement au quotidien.

En institution, il est possible de tisser un lien de confiance, jour après jour, et faire peu à peu comprendre aux enfants, que le non-respect de certaines règles rend impossible le partage et l'apprentissage. De plus, avec la barrière de la langue, nos cultures différentes et pour certains le manque de compétence, il est difficile de créer une relation équilibrée, entre le jeu et le respect. Même après épuisement et se sentant parfois impuissants, ces réflexions nous poussent à nous perfectionner, et après quelques heures de repos, nous sommes prêts à y retourner.

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Merci Roumanie

Résultat des courses :

3 semaines perdues, 1 chien décédé, un de nos membres qui nous quitte, des problèmes mécaniques mais aussi 2300 km, 11 projections, 20 heures d'ateliers et beaucoup de nouveaux amis.

Alors que dire de la Roumanie? On n'aime ou on n'aime pas?

Malgré toutes nos galères et l'énergie parfois pesante, on peut dire qu'on aime la Roumanie, pour ses paysages, mais surtout pour son peuple. Jamais nous n'avons eu l'occasion de rencontrer des gens avec un si grand coeur. Derrière cette fine carapace, froideur occidentale, ils offrent leur immense générosité.

Vous êtes arrivés avec nous au bout de la Roumanie, devant nous le Danube, en face un autre pays, une plateforme en fer comme unique moyen de traverser.

devant danube

Quelle frayeur ! Alors, bye bye Roumanie! Welcome Bulgarie !!!

byebye roumanie

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WELCOME IN BULGARIA

2 DANUBE

…20 minutes de navigation sur le Danube avec nos camions pour toucher le sol de la Bulgarie.

Ça fait du bien le changement !

2 FRONTIERE

On a passé plus de temps que prévu en Roumanie, beaucoup de route et beaucoup d'enfants nous attendent encore. Nous décidons de nous arrêter juste au bord du fleuve pour une nuit, où nous attendons Desi, notre contact en Bulgarie.

4 DECY

Elle travaille comme assistante social à Silistra, la ville frontière. Nous voilà dans un autre pays, avec une langue qui change beaucoup du fait qu'elle ne soit pas latine et une autre monnaie. On commençait à connaître quelques mots de roumain, à calculer facilement le change entre l'euro et le Lei, à comprendre un peu les coutumes locales et en seulement 2 kilomètres tout change !

3 CHANGE

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COMMUNICATION ENTRE NOUS : LE FRANQUITAGNOL

C'est quoi le Franquitagnol ?

C'est notre nouvelle langue, le dialecte des Lezards, née du mélange de français, espagnol et italien ! Parfois, frustrant pour chacun de nous, de pas arriver à s'expliquer correctement, de avoir pas une langue commune... Mais, au final, le principal est de se comprendre, et de là s'est créé notre sympas mixture !

« Mi piace parler con tigo !! »

tu me donne il sale por favor ?

Un exemple de notre communication quotidienne. A cela s'ajoute une autre langue ; celle des pays qu'on traverse. Mais ce n’est pas grave, depuis le montage du projet on connaissait les problèmes de la barrière liés à la langue, et c'est pour ça que nous travaillons plutôt avec des moyens de communication non verbaux comme l'image, la musique, les jeux !

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Grande liberté des enfants à l'école

Au premier regard cette école m’a fait penser à l’école de Summerhill fondé par Alexander Sutherland Neill en 1921 près de Dresde en Allemagne. Suite à plusieurs contestations et difficultés politiques reliées aux principes sur lesquels était fondée l'école, Neill déménage celle-ci dans le comté de Suffolk en Angleterre en 1927, près de la ville de Leiston.

La pédagogie de cette école s’inscrit dans le courant de la Pédagogie nouvelle qui s’est développée au début du 20e siècle. Le premier principe pédagogique de Neill est fondé sur le droit de l’enfant à se développer en toute liberté, sans contrainte émise par un adulte.

Il considère que l’intervention d’un adulte vient brimer l’enfant dans son développement en lui imposant des restrictions. D’après Neill, «la méchanceté n’est pas fondamentale dans la nature humaine […] disciplinez un enfant et cet enfant a priori sociable deviendra mauvais, menteur et haineux». La vision psychanalytique de l’éducation de Lane influence donc la pensée éducative de Neill. En effet, Lane croit que l’enfant est né bon, et que s’il devient mauvais, c’est la faute de l’autoritarisme des adultes. Neill à une conception de l’éducation qui se distingue de ses contemporains. En effet si pour certains l’éducation, c’est prendre l’enfant tel qu’il est «afin de le conduire vers ce qui est mieux», pour lui, elle doit permettre la satisfaction intégrale des intérêts de l’enfant. C’est pour cela qu’il pense aussi qu’il est important de permettre à l’enfant d’épuiser ses intérêts naturels afin qu’il atteigne l’épanouissement le plus total.

«Lorsque toute contrainte est supprimée, lorsque l’adulte renonce à commander, interdire, guider et prescrire, l’enfant va se diriger à partir de son désir, en se fiant à son propre désir […] et son progrès sera constant». Pour Neill, le travail intellectuel est contre la nature de l’enfant, car ce dernier n’a pas atteint le développement suffisant. Il doit en premier lieu épuiser son désir du jeu et ensuite il sera en mesure de travailler intellectuellement. Il associe l’épuisement de l’intérêt à la liberté du développement, «les enfants, comme les adultes, n’apprennent que ce qu’ils veulent». Pour Neill, l’essentiel en éducation, c’est que l’élève découvre par lui-même car il considère que les livres ne doivent être utilisés que pour les études libres. L’épuisement du désir et la liberté sont les deux principes que retient Neill pour assurer un développement équilibré de l’individu, ce qui fera de ce dernier un être saint, en paix avec lui-même, donc en paix avec les autres.

Si Neill met tout en oeuvre pour neutraliser l’autorité des adultes à Summerhill, ça ne signifie pas que les enfants n’ont aucune règle à respecter, qu’il ne s’y opère aucune forme de discipline. Les règles sont déterminées par la communauté qui vit dans l’enceinte de l’école. Partant du principe que « chacun est libre de faire ce qu’il veut aussi longtemps qu’il n’empiète pas sur la liberté des autres », Neill considère son école comme une petite société à laquelle on remet un pouvoir d’autodétermination. Ce pouvoir s’exprime à travers un gouvernement communautaire, le self-governement, au sein duquel l’opinion des enfants et des adultes pèsent d’un même poids lorsque des décisions doivent être prises. Des assemblées générales sont tenues à chaque semaine où sont débattues différentes questions. En utilisant ce moyen, Neill offre aux enfants une solide instruction civique tout en leur permettant de jouir du privilège d’édicter les règles qui régiront leur séjour tout en assumant l’importance d’en assurer l’application.

Je fais cette comparaison car les enfants de cette école bulgare étaient libres de rester en classe ou non, de rentrer dans une classe qui n’était pas la leur ou encore inviter quelqu’un à assister à leur cours. Et à Summerhill, les enfants n’étaient pas tenus d'assister aux cours. Ils venaient lorsqu’ils le désiraient et à ce moment-là, la concentration était forte car ils avaient envie d’apprendre. Nous ne connaissons pas exactement la pédagogie de cette école mais tout de même il m’a semblé intéressant d’observer cette liberté et le plaisir qu’avaient les enfants dans ce qu’ils faisaient.

Eva.

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ISKRA

Desi est venue nous chercher tôt le matin avec toute son énergie et en convoi nous parcourons 40 kilomètres pour arriver à Iskra, un petit village rural de 3000 habitants.

On nous installe dans la cour de l'école à notre grande surprise, immédiatement les enfants accourent autour de nous. Tout de suite au travail : certains préparent les ateliers pour le lendemain et d'autres commencent à tisser les liens avec les enfants.

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Eva, happée par eux, s'est retrouvée dans une classe puis assiste à un cours de danse. Après cet après-midi, main dans la main avec les enfants de l'école, nous échangeons sur nos observations sur cette école qui semble avoir une pédagogie très ouverte. Nous étions les bienvenus, les enfants libres dans leurs mouvements et d'assister aux cours. Nous avons été étonnés du fait que les professeurs n'étaient pas gênés par notre regard, ni débordés du fait que les élèves entrent et sortent de la classe à leur guise. Grande liberté des enfants à l'école : bien ou mal ? Voir plus Comparaison avec la pedagogie de Neill

6 EVA

La journée suivante, nous commençons avec une projection du « Peuple Migrateur », dans un théâtre pour accueillir les 300 enfants de l'école. Inspirés par le lieu, on transforme notre présentation en petit spectacle clownesse accompagnés de nos amis quadrupèdes.

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Encore une fois, voir les enfants rire avec nous a été une grande récompense.

Au grand air, accompagné de musique, la journée continue ! Au programme : château gonflable avec parcours, initiation de bolas et de hula hoop. 6 heures d'activités au milieu de rires et de partage...

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Nous continuons sur une projection en plein air annoncée avec des panneaux dans toute la ville la veille au soir.

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Devant notre écran, il y a un public mélangé : certains enfants qui ont passé la journée avec nous viennent avec leurs parents, à cela s'ajoute la grande famille des tziganes et d'autres villageois. Tous ensemble nous regardons « Home ». Nous avons passé très peu de temps dans ce lieu, mais en passant la porte de l’école, c’est avec beaucoup d’émotion que nous saluons les enfants.

Au revoir Iskra !

BLOG BONUS

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RELAIS

Notre projet se veut de laisser une trace après notre départ, en silence, on essaie d’apporter un souffle de vent de changement ! Parfois ça ne fonctionne pas mais après chaque cinéma quelques personnes comme des directeurs d'école, présidents des associations, parents des enfants, personnes qui croisent notre chemin, frappent à notre porte et nous demandent les titres des films et des documentaires qu’on projette. Nous sommes touchés de l’impact des images qui permettent d’aborder des thématiques importantes comme l'environnement, l'évolution de l'être humain, l'importance du respect de la planète etc.

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TRAVAIL SUR LA PLAGE

Devant nous plusieurs chemins s’offrent à nous pour atteindre la Turquie. Nous décidons de parcourir la route côtière et de s'arrêter sur la plage de la mer noire. Sport, yoga, entrainement de jonglage dans une corniche magnifique mais nous travaillons aussi dans le camion pendant des heures à faire la communication et à préparer une surprise pour vous qui nous suivez et pour les enfants !

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PASSAGE FRONTIERE : MERHABA TURQUIE !

200 km nous séparent de la frontière avec la Turquie, Irakli apparaît au travers des montagnes. Le douanier bulgare rit de nous « vous ne rentrerez jamais par cette frontière avec vos camions !» et on lui a répondu « laisse nous essayer, ce n’est pas un camion de marchandises, c'est notre maison.. » Il a fini par nous laisser passer en nous disant « tentez votre chance !». Et nous voilà avec d’autres souvenirs et expériences rangés dans notre bagage et une nouvelle aventure qui nous attend.

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chers Lezards

2 mois maintenant depuis la dernière news. On s'excuse fortement de cette absence. Depuis la dernière newsletter nous avons parcouru 9.500 kilomètres. Et nous vous remercions encore pour votre fidélité et votre soutien qui nous a permis de rendre possible cette aventure.

Les membres de l'association sont aujourd'hui rentrés en France, malheureusement plus tôt que prévu. Nous n'avions pas imaginé que l'aventure humaine que nous espérions sur la route, et dont nous avons d'ailleurs largement fait l'expérience, était avant tout au cœur de notre groupe. (voir en bas de page l'explication de notre retour anticipé....)

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Mais malgré l'absence de communication et notre retour anticipé, on vous assure qu'on n'a pas chômé. Ci dessous, on vous présente quelques actions, non exhaustives, qu'on a proposé de Istanbul à Paris, en passant par Ufa, en Russie, d'où nous avons décidé de faire demi-tour pour faire vivre l'association en France.

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La turquie

La dernière fois, on vous quittait sur l'arrivée en Turquie. Le Turquie a certainement été notre coup de cœur avec des paysages magnifiques et très diversifiés et une population magique par son sens du partage, son hospitalité et surtout sa grande sensibilité.

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A plusieurs reprises, on nous a offert gite et couvert, sans même que nous en ayons émis la nécessité. Le thé répand son parfum à chaque détour de rue, de ville ou village, bords de route, entrées de boutiques, et cette ambiance particulière aux temps de pause, heures creuses de travail, et aux rassemblements, est un prétexte à toute rencontre fortuite et permet un premier contact facile par le partage. Autant dire que qu'est ce qu'on en a bu du thé!! Et surtout que de sourires qui l'accompagnent....

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Quant au projet, au fil du voyage nous avons retravaillé sur notre présentation lorsque nous arrivions sur des lieux. Dû à l'incompréhension parfois de qui nous étions, et pourquoi nous étions là, nous avons décidé de fabriquer un camion en carton pour mimer notre démarche.

Nous nous sommes rendu compte qu’il était important d’expliquer d’une manière ou d’une autre qui nous étions et la raison de notre présence. Du fait de la barrière orale, nous avons désiré innover pour nous faire comprendre. Nos amis italiens avaient un montage muet qui présentait leur association Bambini nel deserto et leurs expériences passées. C'est une super idée et efficace qu'on n'hésitera pas à reproduire pour les prochaines tournées.

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Banlieue d'Istamboul

A Istanbul, nous nous sommes rendus dans une institution qui accueille des adultes et des enfants qui ont un handicap mental.

C'est ici que nous avons commencé à nous mettre en scène en tant que clowns avec notre nouveau camion en carton. Au programme ateliers de Hoola Hoop et de bolasses! Les enfants comme les adultes se sont régalés et ont expérimenté avec plaisir. Puis, nous nous sommes installés tous ensemble dans la salle pour la projection de « Océans » que nous avons introduit en créant un show clownesque avec des poissons en carton. Encore une fois, la rencontre a été formidable.

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Cappadoce

Sur la route de la Cappadoce nous nous sommes arrêtés par hasard pour manger dans un petit village et nous avons remarqué tous les enfants dans la rue nous observant avec curiosité.

Nous avons alors décidé de passer la nuit sur place pour leur proposer une projection. Installés, à la sortie du village, ce soir-là nous avons passé un moment convivial avec un petit groupe qui a réussi à comprendre ce que nous leur proposions. Un couple de personnes âgées est resté les yeux rivés sur l'écran du début à la fin où la pluie a fait son apparition.

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Anatolie centrale

Dans un autre village au cœur des montagnes où nous nous étions aussi arrêtés par hasard, difficile de ne pas remarque l'école en plein centre, avec sa cour à ciel ouvert. C'était le début de l'été et les derniers jours d'école. Nous n'hésitons pas à proposer une intervention aux professeurs. Ils nous disent de repasser le lendemain car ils doivent demander l'autorisation du rectorat. Etant en pleine période électorale nous doutons de la possibilité de créer un évènement, difficile en cette période de tension. Nous avons déjà fait l'expérience de plusieurs refus de localités en Cappadoce.

Mais nous nous apercevons le lendemain du grand malentendu. Le directeur pensait que nous voulions filmer les enfants. Nous passons deux heures à tenter de nous expliquer puis dès que l'équipe comprend, les tensions des visages se transforment sourires radieux nous invitant à nous installer.  Les élèves, de 10 à 13 ans, comme les professeurs sont restés concentrés tout le long du film et nous avons eu le droit à une session de dédicaces à la fin de la projection. Dur de repartir quand une ribambelle d'enfants admiratifs nous sollicite. Nous les sentons touchés par notre attention. 

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La Georgie

Aux confins de l'Europe, commencent les complications des frontières. Nous transitons par le seul poste frontière ouvert entre la Turquie et la Géorgie et y passons plus de 24h.

Et encore nous avons de la chance! Certains camions de transports sont sur place depuis 48h.... On ne sait toujours pas si c'était occasionnel dû à une chute de pierre sur la route ou si c'est toujours comme ça. Ici on commence à oublier l'alphabet romain et la moindre inscription nous est totalement énigmatique et pourtant très jolie.

Notre intuition nous a mené dans un village à première vue pas très accueillant, tout en longueur avec une route principale le scindant. Pas de petite place ou de lieu un peu isolé qui serait adéquat à une projection. Nous rencontrons quelques jeunes jouant au basket sur un terrain jouxtant cette route.

On commence à discuter (heureusement que les enfants apprennent l'anglais à l'école, ils nous servent bien parfois d'interprète), ils ont l'air enchantés de participer à une projection. Alors on se lance. Sur le bord de cette fameuse route, on improvise un espace de représentation et le bouche à oreille fait vite son effet. Cette fois-ci pratiquement que des hommes viennent au rendez-vous, avec seulement quelques enfants. Donc nous choisissons de projeter « Home », plus adapté. Les femmes sont venues timidement "préférant" rester à la maison. Ce fut un bon moment de partage et beaucoup nous ont remercié pour la réflexion que ça leur a apporté sur le monde et nous redemandent le lendemain quel est le titre du film. Tous les gens du village ont apporté à manger et on remarque qu'on se rapproche notablement de la Russie, car presque tout le monde parle russe, et la vodka est à l'honneur. Merci Lola d’avoir pris quelques cours avant de partir !!! :)

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La Russie

On s'engage dans cet immense pays encore par l'unique poste frontière ouvert et nous y perdons encore 1 journée, où on nous envoie de poste douanier en poste douanier, car nous n'avons pas ce fameux document délivré par le ministère des transports. Personne ne veut faire d'effort pour nous comprendre et nos cartes grises leur sont indéchiffrables. Les russes sont ici prioritaires sur tous les autres. Heureusement, nous rencontrons un américain parlant couramment russe et connaissant parfaitement les démarches, qui nous aide à nous en sortir.

En Russie, on commence la course contre la montre. Ayant accumulé du retard, nous devons parcourir plus de 5000 km en moins de 30 jours afin d'atteindre la Mongolie. Nous espérons que les routes sont de bonne qualité mais contrairement à nos attentes, ce sont les pires routes que ayons vu depuis le départ. Et pour dire, on en a vu des routes!! ;) Nous faisons 350km par jour, les meilleurs jours. De plus, les contrôles incessants et parfois très limites (une occasion pour eux de sous-tirer de l'argent à des étrangers ou bien de prouver leur supériorité en pointant leur arme "pour rigoler") nous ralentissent et nous rendent nerveux.

Malgré cela, nous rencontrons des paires de gens tout à fait admirables. De professeurs de français à Vladikavkaz, ravies de rencontrer des français et de pratiquer cette langue, en passant par des travailleurs de pompe à essence à Beslan encore traumatisés par la tuerie de l'école de 2004... Derrière une apparente froideur, les russes ont eux aussi un coeur immense.

Malgré notre retard, nous intentons quelques projections aux alentours de villages, mais n'ont pas de grand succès......On commence à fatiguer, la qualité des routes, les contrôles policiers, l'immensité du territoire et nos positions divergentes au sein de notre groupe pèsent sur notre moral....

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REFLEXION SUR LA SEPARATION DU GROUPE

Le budget était très serré avant le départ et les aléas du voyage comme les problèmes mécanique et la maladie des chiens ont amputé sur celui-ci. Cela a aussi engendré du retard sur notre parcours. Nous n'avons pas pu rattraper ce retard accumulé, et donc concorder avec nos dates de visas tout en continuant d'être dans la rencontre avec l'autre. . Il aurait fallu rouler sans s'arrêter pendant presque un mois pour atteindre la Mongolie par les grands axes, en négligeant les villages isolés.

Le projet étant d’aller en direction de la Mongolie pour proposer le cinéma et d’autres ateliers pour des enfants qui n’ont pas accès à la culture de par l’isolation ou des difficultés économiques, l’idée était de mettre en pratique ce projet tout au long de la route. Nous nous sommes alors questionné quant à ce problème de temps et d’argent. Pourquoi ne pas rester plus longtemps en Turquie ? S'approcher de la frontière Syrienne?

C’est alors qu’à émergé le fait que nous n’avions pas tous imaginé le même projet. La prise de décision quant aux choix de la route à prendre est devenue difficile. Certains voulaient prendre des petites routes et non les grands axes pour accéder à des villages isolés. Pour d’autres pour qui la finalité du projet était la Mongolie ne comprenait pas ces choix.

Par métaphore, dans un couple qui attend un bébé, chacun l'imagine, projette des choses en ce futur être à venir et quand il arrive il n'est jamais à l'image de ce que nous pensions. Les deux personnes composantes du couple doivent alors faire le deuil de cet enfant imaginé et faire la place à un enfant réel. Ils doivent aller ensemble à la rencontre de cet enfant. Les deux partis doivent mettre de coté l'attente qu'ils avaient, et avec la confiance qu'ils se portent, découvrir cet enfant réel. Ils traversent cette étape ensemble et ce, grâce à la solidité des liens de leur couple.
Par comparaison, nous nous sommes chacun projeté dans ce projet d'une manière différente, et comme la communication était compliquée entre nous, nous n'avons pas réussi à construire ensemble, à avoir une cohésion de groupe et faire consensus dans les prises de décisions.

Nous aurions pu aller jusqu'au bout de l'aventure, mais cela aurait empiété sur la qualité de notre travail, notre choix a donc finalement été de rentrer afin de continuer l'aventure en France et développer nos futurs projets à l'étranger. Nous nous sommes d'ailleurs représentés à Nevers, dès notre retour en France.
3 personnes du groupe (les membres de Bambini Nel Deserto) dans un camion ont tout de même décidé de continuer l'aventure jusqu'au bout. Ils sont aujourd'hui sur la route du retour, mais ont répondu à leurs attentes du projet en créant des évènements pour les enfants de Mongolie.

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